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LE RAPPORT CHOC DE HUMAN RIGHTS WATCH CONTRE L’AFC/M23 ET L'ARMÉE RWANDAISE

Dans une interview de TV5, Clémentine de Montjoye une l’AFC/M23 et l’armée rwandaise de violations graves de droits de l’homme dans les provinces de Nord-Kivu et Sud-Kivu.

evitv | 11/06/2026 à 08:26 | 6 min de lecture | 383 vues | 0 commentaires
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LE RAPPORT CHOC DE HUMAN RIGHTS WATCH CONTRE L’AFC/M23 ET L'ARMÉE RWANDAISE

 

 EST DE LA RDC : LE RAPPORT CHOC DE HRW ACCUSE l’AFC/M23 ET L'ARMÉE RWANDAISE DE CRIMES DE GUERRE DE MASSE 

 

KINSHASA, RDC — Un document accablant qui lève le voile sur l'horreur des camps d’entraînement de la coalition rebelle à l'Est du pays. Dans un rapport de 78 pages intitulé « La mort était partout : Détentions arbitraires, tueries et recrutements forcés par le M23 et les Forces rwandaises de défense », publié ce mercredi 10 juin 2026, l'ONG Human Rights Watch (HRW) accuse formellement la rébellion de l'AFC/M23 et l’armée régulière rwandaise (RDF) de mener une campagne systématique d'exactions de grande ampleur.

 

Rafles de civils, tortures, exécutions sommaires et enrôlement forcé d'enfants : l'organisation dresse la radiographie d'un système concentrationnaire établi dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Pour faire toute la lumière sur ces révélations, la rédaction de TV5 s'est entretenue avec Clémentine de Montjoye, chercheuse senior au sein de la division Afrique de Human Rights Watch.

 

 Les points clés du rapport : L'enfer de Rumangabo et Tshanzu

 

S'appuyant sur les témoignages directs de 102 anciens détenus ayant réussi à s'échapper, ainsi que sur des images satellites et des modélisations 3D, le rapport de HRW démontre que l'AFC/M23, solidement épaulée par l'armée rwandaise, a transformé les territoires sous son contrôle en un immense piège pour les civils.

 

Des rafles à grande échelle : Les hommes et les jeunes garçons, parfois dès l'âge de 12 ans, sont enlevés dans les rues, les églises, les écoles ou les hôpitaux, puis entassés dans des camions vers les centres de formation militaire de Rumangabo et Tshanzu.

Le calvaire des camps : Les recrues y subissent un entraînement idéologique et physique brutal, dispensé principalement en kinyarwanda et en anglais. Le recours au lingala y est sévèrement puni. Privés d'eau, de nourriture et de soins, des centaines de détenus sont morts d'épuisement ou de déshydratation.

Des exécutions systématiques : Quiconque tente de s'échapper ou commet une entorse mineure au règlement (comme boire l'eau d'une flaque sans autorisation) est immédiatement exécuté ou battu à mort devant les autres captifs pour servir d'exemple.

 

 Grand Entretien : Trois questions à Clémentine de Montjoye (HRW)

 

TV 5 : Clémentine de Montjoye, bonjour. Votre rapport décrit une campagne de recrutement forcé d'une violence inouïe. Quelle est l'implication directe de l'armée rwandaise dans ces camps d'entraînement situés en territoire congolais 

Clémentine de Montjoye : L'implication des Forces rwandaises de défense (RDF) n'est plus seulement un appui de première ligne, elle est structurelle. Les anciens détenus que nous avons interrogés ont formellement identifié des militaires rwandais, non seulement lors des opérations de rafles et de barrages routiers, mais aussi en tant qu'instructeurs et commandants directs à l'intérieur des camps de Rumangabo et Tshanzu. Ils se distinguent par leurs uniformes, leurs équipements professionnels, leur accent et leur incapacité à s'exprimer en français ou en swahili. L'armée rwandaise participe activement à la logistique de cette campagne de terreur qui viole de manière flagrante le droit international.

 

TV 5 : Vous parlez de centaines de morts et évoquez la présence de fosses communes. Quel est le profil des victimes et l'ampleur exacte de ces pertes ?

 

Clémentine de Montjoye : « La mort était partout », c'est la phrase qui est revenue dans la bouche de presque tous les survivants. Les victimes sont des combattants capturés, mais surtout des milliers de civils innocents. Le nombre exact de décès reste difficile à chiffrer avec précision tant que ces zones ne sont pas accessibles pour exhumer les corps, mais nos faisceaux d'indices pointent vers des centaines, voire des milliers de morts tout au long de l'année 2025 et début 2026. Des adolescents ont été forcés de battre à mort leurs propres camarades. Ce sont des crimes de guerre manifestes, et nous demandons à la Cour Pénale Internationale (CPI) d'élargir ses enquêtes en cours à l'Est de la RDC pour y inclure ces exactions spécifiques.

 

TV5 : Quelles sont les recommandations urgentes de Human Rights Watch vis-à-vis de la communauté internationale et du gouvernement congolais ?

 

Clémentine de Montjoye : Il faut briser l'impunité. Nous demandons instamment aux gouvernements partenaires et aux organismes régionaux de faire pression sur Kigali pour que le Rwanda cesse immédiatement tout soutien au M23 et retire ses troupes du sol congolais. Des sanctions ciblées doivent être prises contre les commandants rwandais et du M23 identifiés.

 

Enfin, nous alertons aussi sur le sort des vagues de recrues forcées qui parviennent à s'échapper et à se rendre aux forces régulières (FARDC). Actuellement, plusieurs dizaines d'entre eux, dont des enfants, sont détenus et interrogés de longues semaines par les services de renseignement militaire congolais à la prison de Makala à Kinshasa. Le gouvernement congolais doit s'assurer que ces victimes de recrutement forcé soient traitées comme des victimes, démobilisées et réinsérées, et non criminalisées.

 

 L'impératif d'une justice internationale

 

Ce rapport de Human Rights Watch intervient dans un contexte de stagnation totale des processus de paix régionaux. Pour les observateurs à Kinshasa, ce document constitue une base de preuves juridiques accablante qui remet la pression sur la communauté internationale, souvent accusée de passivité face au drame humanitaire qui se joue dans l'Est de la République Démocratique du Congo.

 

La rédaction | EVITV.COM 

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