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AXE KINSHASA-LE CAIRE :LES DESSOUS ÉCONOMIQUES ET GÉOPOLITIQUES D'UN PARTENARIAT HISTORIQUE

La visite du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo au Caire a plus de bénéfices économique que la simple visite d’état

evitv | 12/06/2026 à 11:34 | 8 min de lecture | 398 vues | 0 commentaires
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AXE KINSHASA-LE CAIRE :LES DESSOUS ÉCONOMIQUES ET GÉOPOLITIQUES D'UN PARTENARIAT HISTORIQUE

 

 DOSSIER SPÉCIAL / AXE KINSHASA - LE CAIRE : LES DESSOUS ÉCONOMIQUES ET GÉOPOLITIQUES D'UN PARTENARIAT HISTORIQUE 

 

KINSHASA, RDC — Plus qu'une simple visite de courtoisie diplomatique, le séjour officiel de 48 heures du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo au Caire, qui s'est achevé ce jeudi 11 juin 2026, marque un tournant stratégique majeur. Alors que la RDC cherche à accélérer sa reconstruction et à moderniser ses infrastructures urbaines, l'Égypte s'impose désormais comme le partenaire africain privilégié de Kinshasa.

 

Du tête-à-tête au Palais d'El-Orouba avec le Maréchal Abdel Fattah Al-Sissi à la visite des chantiers pharaoniques de la Nouvelle Capitale Administrative, EVI TV vous propose une analyse approfondie des enjeux réels de ce sommet bilatéral.

 

1. Le volet géopolitique : L’alliance de la sécurité et de l'eau

 

Derrière les sourires protocolaires et les poignées de main se cache un calcul géopolitique hautement stratégique pour les deux nations.

 

 Le deal sécuritaire : Le Caire au soutien des FARDC

 

Face à la crise sécuritaire persistante à l’Est de la RDC, Kinshasa a besoin de diversifier ses alliances militaires. L'Égypte, qui possède l'une des armées les plus puissantes du continent et du monde arabe, renforce son appui. Les discussions au sommet ont acté l'intensification de la formation des forces spéciales des FARDC par des instructeurs égyptiens et un partage accru de renseignements techniques dans la lutte contre le terrorisme et les groupes armés. Pour Le Caire, stabiliser la RDC, c'est sécuriser le cœur de l'Afrique subsaharienne.

 

 L'enjeu du Nil : La RDC comme arbitre stratégique

 

Pour l'Égypte, la question du partage des eaux du Nil et le différend avec l'Éthiopie autour du Grand barrage de la Renaissance (GERD) est une question de sécurité nationale existentielle. En consolidant ses liens avec la RDC — qui a récemment adhéré à la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) et dispose d'une influence majeure sur le bassin du Congo et les pays des Grands Lacs —, Le Caire s'assure d'un allié de poids dans la diplomatie de l'eau sur le plan continental.

 

 2. Le choc des chiffres : La percée des géants égyptiens en RDC

 

Le pragmatisme égyptien se traduit par une offensive économique menée par ses fleurons industriels et de génie civil. Plusieurs contrats et protocoles d'accord ont été passés en revue et consolidés durant ces 48 heures.

 

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                  │ MÉGAPROJETS ÉGYPTIENS RDC │

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   INFRASTRUCTURES                          ÉNERGIE                                       URBANISME

 Arab Contractors                           Elsewedy Electric                           Projet "Kitoko"

(RN1 / Ponts / Routes)               (Centrales Solaires)              (Nouvelle Extension)

 

Arab Contractors (Al Mokawloon Al Arab) : Ce géant du BTP, déjà très actif en RDC, pilote plusieurs chantiers majeurs, notamment la modernisation de tronçons de la Route Nationale 1 (RN1) et la construction de sauts-de-mouton et de ponts à Kinshasa. Les nouveaux accords visent à étendre leur action vers l'intérieur du pays.

Elsewedy Electric : Leader africain des infrastructures énergétiques, le groupe égyptien accélère l'installation de sous-stations électriques et de centrales solaires photovoltaïques en RDC (notamment le projet de la centrale solaire de Kasumbalesa). L'objectif discuté est d'étendre ce modèle pour électrifier les chefs-lieux des provinces récemment ciblées par le programme de développement local (PDL-145T).

 

 3. Le modèle de la Nouvelle Capitale Administrative (NCA) : Une leçon pour Kinshasa

 

La visite de Félix Tshisekedi, ce jeudi 11 juin, dans la nouvelle métropole égyptienne surgie du désert n'était pas fortuite. Kinshasa, étouffée par ses 15 millions d'habitants, souffre exactement des mêmes maux que le vieux Caire : hyper-centralisation, asphyxie routière, assainissement dépassé et inondations cycliques.

 

L'Égypte a résolu ce problème par une décision radicale : bâtir une nouvelle ville intelligente à 45 kilomètres de la capitale historique.

 

 Les piliers du modèle égyptien transposables à Kinshasa :

 

1. La déconcentration administrative : Transférer la présidence, les ministères et les parlements dans une zone neuve pour vider le centre-ville historique et fluidifier la circulation.

2. Le réseau d'assainissement du futur : Contrairement aux caniveaux à ciel ouvert de Kinshasa, la NCA égyptienne utilise un système souterrain de drainage séparatif à flux tendu, géré par intelligence artificielle pour anticiper les crues et recycler 100% des eaux usées.

3. Le partenariat public-privé (PPP) agressif : L'État égyptien fournit le foncier sécurisé, et les investisseurs privés (locaux et internationaux) financent la construction des gratte-ciels, à l'image de l'**Iconic Tower** (393 mètres, plus haute tour d'Afrique).

 

 4. De la vision à la réalité : Le projet de la ville extension "Kitoko"

 

Le protocole d'accord signé au Caire sur le développement urbain cible directement l'avenir de la capitale congolaise. La délégation présidentielle comprenait les concepteurs du projet "Kitoko" (Kinshasa New City), cette extension futuriste de la capitale prévue à l'est de la ville, près de Maluku.

 

L'expertise égyptienne sera officiellement mise à contribution pour :

 

 L'établissement des plans directeurs d'assainissement pour éviter que la nouvelle extension ne subisse les mêmes inondations que le centre actuel.

 Le transfert de technologies en matière de construction de logements sociaux préfabriqués à haute performance thermique.

 

 Conclusion : L'heure du pragmatisme pour la RDC

 

Pour la rédaction de EVI TV, cette immersion approfondie dans les relations RDC-Égypte démontre que le Chef de l'État a choisi la carte de l'efficacité continentale. L'Égypte possède le savoir-faire technique, la main-d'œuvre qualifiée et la rapidité d'exécution qui font parfois défaut aux projets nationaux.

 

La réussite de ce sommet du Caire ne dépendra pas de la splendeur des infrastructures visitées, mais de la capacité du gouvernement congolais à appliquer la même discipline administrative et financière que Le Caire pour transformer le visage de nos villes et garantir la sécurité de nos populations.

 

La rédaction | EVITV.COM

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