Écho de l'Afrique À la une

GRAND ANGLE | Séisme politique à Dakar : Bassirou Diomaye Faye limoge Ousmane Sonko et s'empare des clés du pouvoir

Le Sénégal vient de basculer dans une crise institutionnelle sans précédent. Ce vendredi 22 mai 2026 au soir, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a mis brutalement fin aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, provoquant la dissolution immédiate du gouvernement. L'épilogue d'un bras de fer de plusieurs mois entre les deux figures de proue de la mouvance PASTEF, dont l'alliance avait suscité un immense espoir populaire lors de leur accession au pouvoir en avril 2024. Récit et décryptage d’une rupture historique.

evitv | 23/05/2026 à 14:10 | 5 min de lecture | 437 vues | 0 commentaires
Partager :
GRAND ANGLE | Séisme politique à Dakar : Bassirou Diomaye Faye limoge Ousmane Sonko et s'empare des clés du pouvoir

L'annonce est tombée comme un couperet sur l'antenne de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS). C'est le Secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, qui s'est chargé de lire le décret officiel dépouillant l'icône de la jeunesse sénégalaise de ses fonctions de chef du gouvernement. « Le Président de la République a mis fin aux fonctions de monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre, et par conséquent à celles des ministres et secrétaires d’État membres du gouvernement ». Si l'équipe sortant est chargée d’expédier les affaires courantes, aucune indication n'a encore été fournie quant à l’identité du futur Premier ministre.

À Dakar, la stupeur a rapidement laissé place à une intense effervescence politique, de nombreux partisans d'Ousmane Sonko affluant vers son domicile du quartier Keur Gorgui pour lui témoigner leur fidélité.

 De l'alliance sacrée au divorce inévitable

Pour comprendre le séisme qui secoue le Sénégal, il faut remonter à la genèse du duo. En 2024, frappé d’inégibilité à la suite de condamnations judiciaires sous le régime de Macky Sall, Ousmane Sonko, le mentor charismatique, avait désigné son fidèle lieutenant, Bassirou Diomaye Faye, pour porter les couleurs du parti à la présidentielle. Sortis de prison ensemble à la faveur d’une loi d’amnistie, ils avaient triomphés au premier tour sous le slogan resté célèbre : « Diomaye Moy Sonko » (Diomaye c’est Sonko, en wolof).

 Mais l’exercice du pouvoir a rapidement grippé les rouages de cette fusion politique. Deux forces contraires se sont percutées au sommet de l'État : L'hyper-présidentialisme face à la double commande : Très vite, l'influence considérable d'Ousmane Sonko au sein du PASTEF et de l'appareil d'État a créé l'illusion d'une présidence bicéphale, une anomalie institutionnelle que Bassirou Diomaye Faye a fini par rejeter pour affirmer sa propre légitimité constitutionnelle. La réalité des dossiers économiques : Confronté à des urgences structurelles majeures, notamment un endettement public hérité s'élevant à 132 % du PIB et une surveillance étroite du Fonds monétaire international (FMI), le président Faye a privilégié une approche de rigueur et de compromis international. Une ligne de conduite parfois percutée par la rhétorique souverainiste et panafricaniste radicale d'Ousmane Sonko.

Une guerre ouverte pour le contrôle des institutions

Le limogeage de vendredi soir intervient après une journée de tensions maximales entre les deux hommes. Le point de non-retour semble avoir été franchi alors que le parti PASTEF domine pourtant l'Assemblée nationale à la suite de sa victoire écrasante aux législatives de novembre 2024. En écartant Sonko, Bassirou Diomaye Faye fait un pari politique extrêmement audacieux. Il s'émancipe de son mentor, mais s'expose à la colère d'une base électorale jeune et passionnée, qui voue un culte politique au leader du parti. Quelques minutes après son éviction, Ousmane Sonko a réagi avec sérénité  sur ses réseaux sociaux, déclarant : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger ». Un calme qui présage une réorganisation de ses forces en coulisses. Quel avenir pour le Sénégal ?

Le pays de la Teranga entre en terre inconnue. Le président Faye doit désormais manœuvrer rapidement pour nommer un nouveau gouvernement capable de rassurer les marchés et de maintenir la stabilité sociale. La grande inconnue réside dans l'attitude qu'adoptera la majorité parlementaire du PASTEF : restera-t-elle fidèle au chef de l'État ou basculera-t-elle du côté de son président de parti, Ousmane Sonko, au risque de paralyser l'action législative ? Une chose est certaine : le mythe de la présidence à deux têtes s'est effondré ce 22 mai. Bassirou Diomaye Faye est désormais seul aux commandes, face à son destin et face au peuple.  

Partager :
Précédent
LANCEMENT DE L’ÉVEIL TOURISTIQUE ET DE L’ENVIRONNE...
Suivant
RELIGION | Kinshasa : L'Apôtre Léopold Mutombo K....

Articles similaires

Commentaires 0

Aucun commentaire. Soyez le premier à réagir !

Laisser un commentaire